Le hasard fait que chaque début d’année de notre longue histoire [un an !], nous publions une histoire écrite par Corbeyran. Après Pavillon noir [Soleil], nous vous présentons avec plaisir BlackStone, une histoire de magiciens imaginée pour son complice d’Uchronie(s), Éric Chabbert. Et comme nous l’avons beaucoup aimée, nul doute que vous saurez l’apprécier tout autant que nous. Par Frédéric Bosser

Magie, es-tu là ?

Éric, vous abordez pour la première fois le monde des magiciens. Est-ce dû à une rencontre avec un homme de métier ou tout simplement à un univers qui vous fascine depuis longtemps et sur lequel vous comptiez écrire un jour ?
La magie est un domaine fascinant car il se situe à la frontière de notre réalité et du fantastique. Même si on sait que tout ce qu’on voit est truqué, on a envie de croire au merveilleux ! C’est une part de notre enfance qui resurgit, avec son lot de crédulité et de fascination. L’idée de BlackStone est née lors d’une fête où je me suis retrouvé à côté de Philippe Hauri [directeur éditorial chez Glénat] devant un magicien qui faisait du close-up. Ce type manipulait des petits objets devant nous et les faisait disparaître sous nos yeux avant de les faire réapparaître dans nos poches. C’était incroyable ! On le voyait faire, on pistait ses mains, on le ne lâchait pas du regard mais on se faisait avoir quand même. On ne comprenait pas comment c’était possible, on admirait sa dextérité, son humour et l’apparente facilité de son art. Le lendemain, dégrisés, nous en avons reparlé ensemble. Comme de cette expérience, il nous restait une impression commune de fascination, Philippe m’a proposé de creuser le thème de la magie. BlackStone est né ainsi.

Est-ce aussi la découverte du monde du spectacle avec l’adaptation du Souffle du vent qui vous a poussé à aller vers cet univers ?
Non, ça n’a rien à voir ! Avec BlackStone, on est dans une série 100 % BD. C’est une histoire telle que j’aimerais en lire sur le thème de la magie, car elle flirte avec le fantastique. Côté réalité, on se déplace d’un lieu à l’autre. C’est très mobile : Londres, Paris, New York. Les décors changent constamment. C’est très vivant ! La BD peut se le permettre, on n’est justement pas au théâtre.

Que raconte BlackStone ?
Une aventure humaine ! L’histoire d’un magicien des rues et son ascension irrésistible vers les scènes des plus grands théâtres internationaux. Avec tout ce que cela comporte comme sacrifices et trahisons avec, en toile de fond, une histoire tragique : la disparition d’un enfant lors d’un tour de magie raté et tout le drame qui en découle. 

Présentez-nous les personnages qui animent cette histoire…
Jean-Jacques Bonneteau est un magicien de tout petit niveau. Avec Jenny et Nelson, ses complices, il monte des petites arnaques faciles pour extorquer trois sous à des gogos. Mais Jenny et Nelson sont las de cette existence minable et décident de larguer leur associé. Cette séparation sera le début d’une fulgurante ascension pour Nelson.

Pourquoi avoir choisi Éric Chabbert pour mettre en scène cette histoire ?
Éric est un dessinateur avec lequel je m’entends très bien. Après Uchronie(s), nous cherchions un nouveau sujet, le fantastique restant notre terrain de jeu privilégié. Lorsque j’ai créé BlackStone, je lui ai parlé du projet en priorité. Il a été emballé. Comme il est un dessinateur précis et généreux, il possède une capacité extraordinaire à traduire mes descriptions en décors somptueux et mises en scène extrêmement spectaculaires.

Combien de tomes sont prévus ?
Je ne sais pas encore !

Interview de Corbeyran - L'Immanquable n°13

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EDITO

Les bases arrière étant assurées, nous avons décidé de croquer à pleines dents l’année 2012 en nous assurant d’entrée deux nouvelles séries de très grande qualité : Asgärd de Xavier Dorison et Ralph Meyer, une superbe saga nordique, et Black Stone de Corbeyran et Éric Chabbert, une histoire de magiciens. Nous ne saurons jamais suffisamment remercier les auteurs et bien évidement les éditeurs [Dargaud et Glénat] de nous avoir autorisés à les prépublier, en deux fois au lieu de trois habituellement, histoire de vous faire découvrir ces créations juste avant leur sortie en librairie. Cet accord montre bien l’excellent accueil et la très bonne relation de confiance qui s’est instaurée entre eux et nous depuis le début de l’aventure en février dernier. Pourvu que ça dure… En tout cas, on va tout faire pour être dignes de leur confiance. Cela vaut bien évidement pour les autres éditeurs avec lesquels nous avons d’ores et déjà travaillé.

Ces deux choix montrent notre volonté de continuer à vous présenter des auteurs et des histoires de qualité dans les pages de L’Immanquable. Le sondage et vos courriers nous laissent penser que c’est ce que vous attendez de nous. Alors nous faisons la promesse de ne pas vous décevoir.

Bonne année 2012 !

Frédéric Bosser
fbosser@dbdmag.fr
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